Comment j’ai vécu mon cyber harcèlement

Si vous me suivez un petit peu sur Instagram et Twitter (surtout Twitter, c’est là-bas qu’il y a le plus de dramas hein ;), vous ne devez pas être passés à côté du « scandale » que j’ai soulevé dans ma dernière vidéo. Si ça ne vous dit rien, voici la vidéo en question :

Vous avez été nombreux à prendre de mes nouvelles en privé pendant et après cette affaire, mais j’ai préféré en faire un article sans tabou. Ce n’est aucunement une réponse à ma propre vidéo même s’il y aurait encore plein de choses à dire, je ne veux pas raviver les braises de cette histoire mais j’avais vraiment besoin de m’exprimer.

La personne aux commandes des deux e-shops que je dénonce est YouTuber et possède une communauté de pas moins de 110 000 abonnés. J’insiste sur le terme « communauté » car c’est un groupe très soudé et très actif, un peu comme Horia et ses Horianeurs (pour le côté soudé et actif, pas pour ce qui va suivre haha) dans la section beauté, mais version k-pop/Corée.
110 000 personnes, ça fait beaucoup. Surtout face à moi qui n’entretient ni ma chaîne, ni mon statut de Youtubeuse, ni mes 25 000 abonnés qui ne voient pas forcément mes vidéos car ils ne se reflètent pas dans le chiffre. Tout ça pour dire qu’avant même que ma vidéo sorte, avant même de la tourner, je savais que j’allais me prendre une vague de haine en pleine face. Je l’ai donc fait en connaissance de cause (je croyais), mais est-ce que ça les excuse pour autant ? Pas le moins du monde.

Entre savoir que le cyber harcèlement risque d’arriver et le vivre réellement, il y a un énorme fossé.

Avant de sortir ma vidéo, j’avais fait un tweet pour avertir rapidement de ne pas acheter sur cet eshop. J’ai très vite vu certaines personnes taguer le gérant dans mes mentions, à partir de là je savais que ça ne se passerait pas comme sur des roulettes mais je n’avais pas prévu de reculer donc… Je ne vais pas rentrer dans les détails mais les premiers et uniques échanges ont directement planté le décor : Hostile et menaçant.

Fort heureusement, j’ai toujours pris à coeur de faire les choses dans les règles et la sérénité de l’esprit est le meilleur bouclier dans ce genre de situation.

Le jour de la sortie de ma vidéo s’est mieux passé que prévu : Beaucoup d’influenceuses ont rapidement pris part au débat de manière positive, mais surtout : Beaucoup de client(e)s qui n’osaient pas parler de leurs expériences négatives (car on sait ce que ce genre d’environnement nous réserve dans ce cas-là) ont trouvé la force de le faire sous ma vidéo et j’étais heureuse, reconnaissante, émue, et fière. L’immense satisfaction d’avoir fait une bonne action est un sentiment qui n’a pas de prix.

La réponse ne s’est pas fait attendre, mais je ne l’ai jamais regardé.
Pourquoi ? Parce que ma vidéo n’était pas une question, je n’attendais aucune « réponse ». Je voulais simplement prévenir les gens, ce n’était pas une attaque ni une interpellation, mais bel et bien une dénonciation en restant droite dans mes propos et dans mes baskets par la même occasion. C’est probablement ce pur désintéressement qui a eu le malheur d’énerver encore plus que ma vidéo elle-même, et c’est de là que la vague est arrivée.


C’est simple : J’avais beau exposer des faits par A + B, ce n’était jamais suffisant, jamais recevable voire totalement faux pour les harceleurs en herbe.

Les premières heures -les premiers jours pour être large- j’ai tenté de discuter avec les gens, au moins leur répondre, leur répéter ce que je disais dans ma vidéo, rajouter les preuves par kilos que j’avais reçu après-coup… jusqu’à manquer de mots, d’énergie, et me rendre compte que c’était peine perdue.

Le cyber harcèlement a deux mesures selon moi : Il y a des forceurs, les harceleurs purs et durs qui ne te lâchent pas et qui embrassent très bien la notion d' »harcèlement » ; et il y a l’effet de foule, ceux qui ne le diront qu’une fois mais lorsqu’ils sont des milliers… Ça tourne très vite au harcèlement.
Je n’ai pas envie que cet article tourne en procès donc j’ai délibérément choisi de ne poster aucun screen de toutes les insultes et les menaces que j’ai pu recevoir, vous pourrez les retrouver facilement si ça vous intéresse. Encore une fois, je n’ai pas envie de rentrer dans les détails ou continuer à me justifier, me défendre, etc. Je vide simplement mon sac, en espérant que vous y trouverez quelques conseils et un brin de motivation à faire les choses bien par la suite.

Objectivement, on sait toujours qu’on ne peut pas faire l’unanimité. C’est un fait, c’est la vie. Tout comme on sait qu’on ne peut PAS être aimé de tout le monde, sans forcément se douter que des gens nous détestent profondément en secret par exemple. Mais faire face à un avis tellement opposé qu’on n’arrive même pas à le concevoir : C’est très stressant.

Et le stress, c’est pas mon fort.

Les témoignages intéressants que les gens avaient pris la peine d’écrire (représentant des preuves en or à tout ce que j’avançais avec le peu que j’avais) qui étaient remontés en top commentaires ont vite été noyés par des commentaires sans argument, sans fond, sans grammaire sans rien. Les dislikes ont pris le dessus. Les arguments que leur gourou avançaient injustement à mon sujet ont pris le dessus. Les mensonges ont pris le dessus. Les insultes ont pris le dessus.

Comme prévu, le chiffre a pris le dessus.

Je m’étais dis dès le début que peu importe la tournure que ça prenait, je faisais ma vidéo, je disais ce que j’avais à dire, et je passais à autre chose. Dans tous les cas elle resterait là, à attendre bien au chaud les gens qui chercheraient des avis sur ces e-shops et qui se raviseraient.
Je m’y suis tenue et j’ai très vite arrêté d’en parler sur les réseaux dès le lendemain : Ce fut d’une difficulté sans nom, à tel point que j’en suis tombée malade. J’avais envie de répondre à tous ceux qui me défendaient, mais je me contentais le coeur lourd de liker en signe de remerciement pour ne pas que ça continue éternellement.

Et pourtant, ça a continué puisque la flamme était largement attisée en face. Tous les jours, toutes les minutes de toutes les heures. De manière générale, les pacifistes dédient beaucoup moins d’énergie aux causes négatives que les rageux, qui eux s’en nourrissent. Quelques personnes continuaient de me défendre, mais de moins en moins (merci à tous, que vous ayez simplement donné votre avis ou que vous soyez restés jusqu’au bout du bout) alors que les messages agressifs continuaient, continuaient, continuaient….

Ce n’est pas les mots qui sont durs à supporter. Quand on a confiance en ses convictions, on les mets en sourdine sans douter de soi. Non le plus dur, c’est la quantité. Le poids écrasant, étouffant de la quantité.

On a beau les mettre en sourdine pour ne plus avoir jamais à les lire, ils sont quand même lu par nos yeux et traités par notre cerveau. Et ça ne rentre pas immédiatement par une oreille pour sortir de l’autre comme le dit le dicton. Et encore, le fait de me désinteresser de ce que pouvait se dire en face m’a largement épargné : Je n’ai du lire que 30% de ce qu’il s’est dit à mon sujet que ce soit sur Twitter, sur Instagram et dans mes propres commentaires YouTube (j’ai aussi arrêté de les lire, pour l’instant).

Le premier bouclier que je vous conseillais est de faire les choses dans les règles. Le second est d’être droit dans ses baskets, et le troisième, c’est l’ignorance. Pas dans le sens détourner le regard, mais d’accepter qu’on ne sache pas (et qu’on ne veuille pas savoir) certaines choses. Je refusais de lire tous les screens qu’on m’envoyait, et ça m’a vraiment sauvé.

Sauvé physiquement car j’en étais littéralement devenue malade : J’ai mis quelques jours avant de réaliser que c’était lié, je pensais simplement avoir attrapé une bactérie. Mais le fait est que je ne pouvais plus rien avaler sans avoir des crampes d’estomac à m’en plier de douleur. Je n’osais même pas sortir de peur de faire un malaise, et même quand je suis sortie mon ami à du me raccompagner car j’étais en souffrance. L’une des nombreuses formes physique du stress, ce bonheur. :)
Spoiler : Ça a duré une semaine jour pour jour, et ça s’est calmé la MINUTE même où j’ai compris que cette histoire était finie.

Encore une fois, ce n’était pas dû à la méchanceté gratuite et vide de sens de certains mais bien au stress de ne pas pouvoir faire entendre raison à ces personnes : Je ne veux pas qu’on prenne « mon parti » car il n’y a jamais eu de parti à prendre, mais sur cette affaire il s’agissait de bon sens et de véritables valeurs morales qu’on devrait tous partager et j’ai compris difficilement que ce n’est malheureusement pas le cas.

J’espérais naïvement vivre dans un monde où comme dans les films, la vérité éclate, les méchants perdent et tout se finit bien. Mais comme on dit… Ce n’est que dans les films.
La vérité c’est que malgré tout ça, j’ai quand même eu l’avantage d’être qui je suis actuellement, une petite personne avec une petite communauté qui lui fait confiance, et dont le petit travail depuis des années l’a amené a côtoyé certaines personnes qui ont un peu fait contrebalancer le tout. Ce qui n’est pas le cas de personne qui « n’avaient pas » autant que moi, se sont risqués à une petite critique et se sont fait écraser sans pitié, sans personne pour les aider à garder la tête hors de l’eau et forgeant petit à petit le dictat subtil, tacite de certains. Et je ne parle pas forcément de mon histoire, c’est valable pour tellement de situations réelles, virtuelles, quotidiennes.

Est-ce que ce joyeux harcèlement aurait cessé si quelqu’un plus gros que tout le monde dans cette histoire n’avait pas mis son grain de sel ? Je ne pense pas.

Est-ce qu’on y serait encore ? Probablement.

Est-ce que j’aurais été réellement amochée psychologiquement ? Fort possible.

La vérité, c’est que la masse est dangereuse. La masse n’est pas obligatoirement mature et réfléchie. La masse est souvent anonyme et ne craint rien derrière son écran. La masse fait des ravages, et gagne souvent au profit de la vérité, la justice ou du bon sens.

Ça ne m’a pas dégoûté pour autant, loin de là : Je continuerais de vous partager mes bons plans, mes revues et mes produits préférés tout comme je continuerais de dénoncer ce qui me semble injuste dans le milieu de la beauté, car c’est le milieu dans lequel j’évolue au quotidien et les actions nocives me poussent encore plus à me dépasser et me battre.
C’est inexplicable, j’ai ce feu en moi. Je ne veux pas devenir une plateforme de ragots et de négativité, mais les tyrans, les charlatans, les manipulateurs et les gourous n’auront jamais leur place dans mon univers. Et si vous lisez ces lignes, c’est que vous faites partie de près ou de loin de mon univers, que je souhaite absolument protéger.

Aujourd’hui, je suis la personne qui s’est levée mais demain ça pourrait être vous. Ça pourrait être n’importe quel individu, et sachez que ne rien faire et ne rien dire n’a JAMAIS fait avancer les choses, dans un sens comme dans l’autre. Je ne parle pas de devenir des grandes gueules ou de mener une révolution, simplement utiliser votre voix pour faire savoir que telle chose est bien ou telle chose est mal, ça fera TOUJOURS pencher la balance. Et je vous assure que la balance est trèèès souvent (toujours) du côté du chiffre, peu importe où se trouvent les valeurs morales.

Ne laissez pas passer la chance de vous exprimer pour une bonne cause. Si les gens toxiques se sentent à l’abri derrière leur écran, vous devriez l’être aussi. ♡

Osez.

28 Comments
Previous Post
Pibu Box, box beauté coréenne
Next Post